Six ans après avoir rédigé ma découverte du galoubet......

Découvert aux alentours de 1996-97, j'ai rédigé un premier historique un peu élucubrantesque" en 2000, et avec ce recul de six ans je reprends mon clavier et mes réflexions sur ce magnifique instrument et de ce que les hommes de l'art de mon entourage en font.

Citation de Charles GALTIER: N'est-il pas tentant de trouver, à défaut d'une certitude enfouie dans les ruines de la mémoire collective, un témoignage symbolique de cette harmonie retrouvée du corps et de l'esprit, dans le galoubet et le tambourin que nous voyons réunis par un seul musicien ?

Choix des tonalités: j'avais au départ appris à lire la musique et jouer de mon galoubet en RÉ (celui qui permet de jouer avec les divers autres instruments traditionnels) partant du principe que le DO du galoubet était avec deux doigts placés, le RÉ entendu, ce qui m'obligeait à réécrire toutes mes partitions, lesquelles partitions ne pouvaient être utilisées que de moi-même ou d'un autre instrumentiste en RÉ.
Groupe "Escapado": Du fait que j'avais à demeure, plusieurs logiciels de musique, et pris l'habitude de transposer, la période de quatre ans ou je fus Galoubet du groupe "Escapado" (et trésorier), j'ai fourni aux musiciens du groupe, les partitions de leur répertoire au fur et à mesure des besoins de l'orchestre. Au fil du temps je me suis bien sur rendu compte, que j'étais le seul à utiliser des partitions pour instrument en RÉ, et qu'il me manquait la convivialité car dans le milieu trad., je n'ai pas rencontré d'autre musicien utilisant cette technique.
Convivialité: après réflexion, j'ai donc changé mon fusil d'épaule et opté pour garder les partitions naturelles telles quelles, donc de réapprendre à lire-jouer mon instrument avec le DO étant un DO entendu et non plus un RÉ. Je ne cache pas qu'il m'a fallu un certain temps et du travail pour retrouver les réflexes lecture-doigté correspondant.
Plus aucun problème avec les musiciens traditionnels, ni tous les autres, sauf... les Galoubets de Provence, je parle ici de ceux dont la formation a été assurée en groupe folklorique et qui continuent eux, à lire les partitions à "deux bémols" ne correspondant pas aux sons réels, et qui continuent parfois aussi de se servir du galoubet en "SI" trop aigu pour ceux qui voudraient se risquer de chanter les paroles de la chanson.
L'Oreille musicale: je persiste à penser et à dire que leur système est une grave erreur et ce pour plusieurs raisons. La première est que ces musiciens s'isolent de plus en plus, ne pouvant échanger-partager de partitions avec les autres. C'est très évident lorsqu'il souhaitent obtenir de nouvelles musiques, mais la plus importante raison, est qu'étant habitués à lire la fausse écriture des notes, autant qu'habitués à entendre ces notes faussement désignées, leur oreille s'écarte naturellement (voire irrémédiablement) de la possibilité d'approche ou d'acquisition de l'oreille absolue.
Pour ma part, petit musicien moyen, qui a commencé tardivement, je n'ai évidemment pas l'oreille absolue (comme beaucoup d'ailleurs!), mais je me suis rendu compte, que lorsque j'utilise un galoubet d'un autre ton, mon oreille s'adapte et que je perds momentanément cette approche de l'absolue que j'ai commencé d'acquérir. Je me discipline donc à n'utiliser que très exceptionnellement, d'autres galoubets que ceux en RÉ (le LA en culture Folklore) de ce fait, je donne à mon oreille toutes les chances de rester au plus près de la vérité et que mon accommodation va dans le bon sens.
Un exemple facilement vérifiable: pour lancer en solo une mélodie dans une église pendant la messe , il est évident que nous avons besoin d'une oreille bien ajustée pour bien produire au galoubet le bon son dès la première note, car comment prendre une référence acoustique dans ce long et grand silence qui précède une élévation, sans être incongru dans ce moment de recueillement général ?

Jean-Pierre MALMATURO (08 Novembre 2006)