La vie associative dans cette ville peut se résumer (comme ailleurs) en deux catégories essentielles : Premièrement les sportives et celles qui se préoccupent d'activités ciblées diverses, et deuxièmement les "maintenancières".

C'est cette deuxième catégorie qui m'intéresse et m'interpelle aujourd'hui.
Je mets tout de suite de côté les patriotiques et les politiques pour zoomer sur celles qui se penchent plus ou moins bas sur les maintenances et les traditions.

Trois associations émergent après ce filtrage selon leur taille :
  1. L'amicale des Raphaélois
  2. La Commune libre des Templiers
  3. La Rafelenco (La Raphaéloise)
Or ces trois associations ont en commun, d'avoir été créées chacune en leur temps par une personnalité forte qui en a lancé l'idée et sa mise en place avec des statuts différents, certes, mais dans le même axe principal de maintenance raphaélo-raphaéloise.
Deuxième point commun, leurs présidents ou leur personnalités prédominantes, ont en début 2010, et à leurs assemblées générales respectives, invoqué leur envie de ne plus rester à leur poste, et passent la main pour des raisons qui leurs sont propres, mais significatives pour moi du fait de cette étonnante ou étrange simultanéité.

L'ancien déraciné que j'étais, s'est toujours intéressé, de près ou de loin à ces trois entités.
  • L'amicale des RaphaĂ©lois, a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e après guerre, Ă  la suite des bouleversements de l'Ă©poque et des arrivĂ©es massives de nouvelles populations comme celles du tourisme et des loisirs, et celle des rapatriements africains. Les raphaĂ©lois de souche de l'Ă©poque ont eut un lĂ©gitime besoin de resserrer les liens pour se retrouver, garder et conforter leur identitĂ©. Pour ce faire ils se sont dotĂ©s de statuts d'une sĂ©vĂ©ritĂ© et rigueur telles qu'il Ă©tait (et est toujours) impossible d'y pĂ©nĂ©trer sans toutes une sĂ©rie de preuves d'appartenance Ă  la ville et d'une situation de rĂ©sident effective.
    Ces statuts rigoureusement réalistes à l'époque mais déjà trop léonins, sont au fil du temps devenus bien trop excessifs. L'association, très fermée à tout nouveau venu, est par définition vieillissante. Elle commence à le ressentir en appelant au peuple en assemblée générale pour que de la jeunesse soit intégrée... Tout en gardant les portes closes ! Un nouveau bureau est élu. Le monde est en marche !

  • La Commune libre des Templiers depuis l'origine en 1996, est celle qui m'a le plus marquĂ©. J'y suis entrĂ© en 1997, appelĂ© en tant que prof de danse, et rapidement je m'y suis intĂ©grĂ© complètement. C'est celle qui m'a rapprochĂ© (Ă  coup de bringues successives!) de l'humour Ă©tincelant, de la drĂ´lerie pertinente, de la musique, du chant et des traditions populaires.
    Sa création était basée sur une précédente commune libre de Valescure qui s'était éteinte après une dizaine d'années d'existence. Le souvenir et l'image donnée de cette dernière, le besoin de créer une animation de quartier, avec peut-être un soucis de se réaliser personnellement et en y apportant l'appui d'une entreprise commerciale, ont été les facteurs de sa création.
    Après cinq à six ans, comme membre du conseil, je me suis rendu compte, que toute idée nouvelle avait de plus en plus de mal à s'y infiltrer. Comme mes idées ont tendance au fourmillement, j'ai rapidement compris que moins j'en disais, plus ça arrangeait. Et mon silence se fit ! J'ai même tenté (à mes frais) la mise en place d'un site internet. Mon premier article**, cependant bien loufoque et conforme au statuts et buts de l'association, a suscité un tollé général. J'ai donc demandé et obtenu que se réunisse le conseil pour que chacun puisse y donner son sentiment. Ayant prévu le coup, au refus général pour cet article, j'ai remboursé solennellement, avec un chèque préparé d'avance, les quelques Euros symboliques qu'avait coûté l'inscription au registre national, et le soir même, fermé définitivement ce site (et créé ce blog!). Le refus d'idée nouvelle et l'anachronisme comportemental avec le monde d'aujourd'hui avaient déjà fait un sacré chemin !
    Depuis au moins deux ans, le "père fondateur", prend du recul, et en cette année 2010, la rupture se réalise (enfin!) avec des changements importants à la tête.
    Comme personne ne se présente comme candidat au poste de président, c'est donc le vice-président qui est propulsé à ce poste.
    Cette idée de dénouement, je l'avais émise publiquement en assemblée générale, non sans malice, tout de suite avant que le conseil, dont je ne voulais plus être, se réunisse en secret à l'extérieur de la salle, et je suis absolument ravi de cette nomination. Il faut bien que quelqu'un se charge de la gestion d'une possible fin qui s'annonce. Tant qu'à faire, autant que ce ne soit pas le fondateur qui en soit accusé. Le monde est en marche !

  • La Rafelenco est la plus rĂ©cente. Elle a Ă©tĂ© fondĂ©e une première fois, Ă  la suite de la fĂŞte de la Ste-Estelle (en 2000 ?). J'Ă©tais prĂ©sent Ă  la rĂ©union constitutive. Les statuts proposĂ©s alors par l'adjoint Ă  la culture, Ă©taient quasiment copie conforme de ceux de l'amicale. J'ai fait part de l'anomalie et du sectarisme de plusieurs de ses articles. Ces statuts ont Ă©tĂ© malgrĂ© tout entĂ©rinĂ©s non sans d'âpres discussions...Mais sans moi.
    En 2003, suite à la disparition brutale de la présidente et de la mise en sommeil conséquente de l'association, s'est déroulé une nouvelle réunion "constitutive", j'y ai d'entrée de jeu dit "oui, à condition" de changer radicalement les statuts en y supprimant les clauses restrictives et en remplaçant les termes de la famille "Folklore" par les termes "Tradition". Toutes ces choses ont été corrigées point par point et ligne par ligne, puis votées. Comme entre temps j'étais devenu musicien traditionnel tambourinaire, je me suis donc impliqué en devenant Trésorier de l'association. Après très peu d'années, force pour moi est de constater que le loup, malgré des statuts ouverts, était dans la bergerie. Les acteurs (et actrices) de l'association sont collectivement tout aussi fermés que les statuts de l'amicale. Tout nouveau venu est scruté, détaillé et mis sur le côté en toute inconscience. Convaincu de l'inutilité de ma "résistance", le vieillissement de l'association étant donc programmé, je prends un peu de recul en quittant le poste de trésorier en fin 2008. Début 2010, en assemblée générale, le président annonce qu'il quitte les commandes en fin de l'année en cours. Le monde est en marche !
Si "le monde en marche" dans ces trois associations, aboutit avec cette simultanéité temporelle, il serait bon d'y réfléchir. Dans les trois cas il s'agit globalement, dirigeants et membres compris, d'un vieillissement collectif avéré. Aucune solution n'a pu être apporté en remède à ce jour. Les fondateurs, probablement en désarroi intérieur, consciemment ou inconsciemment, n'ont rien trouvé de possible que de prendre du recul. Les nouveaux dirigeants, à mon sens, n'ont que très peu de chances de résoudre quoi que ce soit. En fait c'est le raphaélois d'aujourd'hui qui se retrouve coincée dans un malaise général.
Comme le chante si bien Annie Cordy :"J'voudrais bien, mais j'peux point !"

Mais ce que j'en dis, ne concerne que moi ! Conscient de cela, et malgré mes efforts pour éviter que ça arrive, je préfère souffler dans mes flûtes que de participer à ces étouffants et lancinants vieillissements collectifs. Toujours curieux, je continue d'observer avec le même plaisir et la même avidité, mes contemporains comme les deux couples de mésanges bleues qui squattent les deux nichoirs de ma fabrication dans mon jardin

** Mon article loufoque, en souvenir, est toujours visible en colonne de gauche sur la page accueil de mon site