Pour le petite histoire c'est aux alentours de 1789 que le comte Claude Louis Berthollet découvre les propriétés blanchissantes du chlore en identifiant l'hypochlorite de sodium ou "eau de Javel" ou "hypochlorite de Soude". Ce fut un grand pas pour la santé publique (et les armées) en permettant la potabilisation de l'eau.

Processus de fabrication:
Tout démarre à partir du sel (au choix: sel de mer, sel gemme ou ...sel de table) qui se nomme ClNa ou NaCl selon les époques pédagogiques...(prononcer "Enne A Cé elle" ou "Cé elle Enne A").
Nous séparons par électrolyse le ClNa pour obtenir le Chlore (CL Cé elle) et le Sodium (Na Enne a).
Au Sodium il faudra ajouter un Oxygène et un Hydrogène provenant de l'eau H2O, pour obtenir NaOH, la soude caustique.
Il suffit maintenant de faire réagir le Chlore sur la soude caustique pour pouvoir extraire facilement l'eau de javel NaClO, selon l'équation de la formule chimique simple:

CL2 + 2 NaOH => NaCLO + NaCL + H2O
(et dégagement de chaleur)

Le sel, ingrédient de base étant facilement extrait et à profusion dans l'eau de mer, cela explique le bas prix de ces produits dérivés, au "grand dam" des industriels soucieux de placer leurs productions plus complexes.

Dans les années fin 1990 début 2000, les milieux hospitaliers dans leurs efforts de lutte contre les maladies nosocomiales, ont redécouvert les vertus de cette pourtant bonne vieille eau de javel pour les nettoyages divers et d'autant mieux pour les sols. (ouf, il était temps !)

Or, et c'est là mon propos: Dans le "privé" ce produit pourtant peu cher, reste très peu utilisé.

L'usage de la javel ne présente que deux difficultés, celles de cerner son dosage exact pour l'efficacité la meilleure et sa manipulation qui doit être prudente car on aurait vite fait de faire des taches sur ses vêtements ou de se brûler la peau, les yeux, si on ne prenait pas les précautions nécessaires.

La ménagère utilise très peu ce produit pour ces raisons de délicatesse de manipulation, d'autant que la plupart du temps elle fait son ménage dans une tenue de ville (même les professionnels) il y a belle lurette que le port du tablier se perd. Probablement que l'utilisation sans risque des machines à laver et des aspirateurs y sont pour quelque chose. Pourtant le tablier est très présent dans les costumes traditionnels de tous bords, une preuve de son utilité pour les tâches journalières.

Pour acheter de la "javel" en berlingots, doses pour un litre, j'observe depuis quelques temps que je mets de plus en plus de temps à trouver dans le rayon, le berlingot ne contenant rien d'autre que de la javel. Les distributeurs de tout poil, s'ingénient à y rajouter des odeurs, des moussants, et que sais-je d'autre encore...alors qu'elle est efficace simplement diluée avec de l'eau....Que veut-on nous démontrer en parfumant un produit qui par ailleurs est le champion toutes catégories des désodorisants ?

J'ai aussi observé que le flacon de javel de capacité d'un litre est en voie de disparition au profit du flacon de deux litres. La raison ? Certainement pas le besoin du consommateur mais plus probablement un meilleur coefficient d'encombrement des rayons rapporté au chiffre d'affaire réalisable.

Chez moi je place depuis longtemps un litre sous mon évier, et un litre dans la salle de bain ou se trouve mon lave-linge. Des flacons de deux litres seraient beaucoup trop encombrants chez moi ! De plus, la mise en place de ces deux litres, c'est risquer que des utilisateurs se servent de bouteilles d'eau vides pour en faire des bouteilles à Javel...Attention le danger ! qui serait responsable en cas de pépin ? Au vu de la quantité utilisée dans un ménage la dose d'un litre est largement suffisante. En plus, en deux litres, le produit se sera dégradé de lui-même bien avant d'avoir fini le flacon.

Les industriels, c'est clair, ne trouvent pas intérêt à l'utiliser ni à en recommander l'usage. Non seulement ils en parlent peu, mais au contraire tentent de le diaboliser en placardant parfois comme s'il s'agissait d'une qualité particulière de leur produit, cette écriteau : "Ne contient pas de chlore".

Même chose pour les produits lessiviels qui pour appâter, vont préférer des azurants artificiels, et continuent d'utiliser les détergents bien difficiles à digérer par la nature. Quand des taches persistent, la ménagère (tiens, pourquoi ce restrictif féminin ? c'est les hommes qui font la vaisselle !) augmente progressivement les doses. Les produits pour lave-vaisselle ne contiennent pas plus de chlore non plus.(cqfd)

Pour ma part, amateur de thé au petit déjeuner, j'ai pris l'habitude en ce qui concerne le lave-vaisselle, de diminuer de plus de la moitié la dose préconisée, et d'ajouter quelques gouttes de javel au moment du lavage. De cette façon les traces de tanin du thé disparaissent totalement malgré une dose de détergeant réduite.

Ce qu'il faut intégrer pour utiliser la "Javel", c'est qu'elle "mange" tout ce qui est organique, les bactéries, les déchets alimentaires, en fait tout ce qui est "vivant" (y compris vos doigts selon la dose). Par contre elle ignore totalement tout ce qui est minéral, les bétons, les ciments, les carrelages, le calcaire. Pour "manger" le calcaire, il faudra utiliser un autre produit miraculeux (et plus dangereux), qui fera l'objet d'un autre article c'est le très ancien acide, qui d'ailleurs est une des bases de notre système digestif : l'Acide Chlorhydrique.

Tout sur l'eau de Javel